le cadre du psychologue en unité de soins palliatifs
Présentation de la fonction de psychologue dans une unité de soins palliatifs
Références : textes DHOS, circulaire du 23 juin 1992, Fiche métier (prochainement en ligne)
I. LE CADRE REGLEMENTAIRE et missions DU POSTE
1. Cadre hospitalier
En accord avec le code de déontologie des psychologues, le cadre réglementaire du poste est régit par le décret du 31 janvier 1991 portant statut particulier des psychologues de la F.P.H. et la circulaire DH/FH3/92 N°23 du 23 juin 1992 relative à l’application du décret. Ils définissent les objectifs et temps de travail de l’activité clinique et de l’activité de formation, information et recherche. La fonction clinique "peut s’adresser à des personnes et des groupes" et consiste à "l’analyse et l’aménagement des rapports entre la personne accueillie, les professionnels et l’environnement, favorisant ainsi une bonne articulation des différentes interventions". Pour la fonction F.I.R. "le psychologue se doit d’actualiser sa formation" qui comprend "un travail d’évaluation" (classiquement nommé supervision ou analyse de la pratique), une "actualisation de ses connaissances" et la "participation, impulsion, réalisation et communication de travaux de recherche" ainsi qu’éventuellement "participer et collaborer à des actions de formation" et "accueillir des étudiants".
Ce cadre réglementaire est complété par la fiche métier de la fonction publique hospitalière (code 10, Rome 31113) qui définit la mission du psychologue : "Concevoir, élaborer et mettre en œuvre des actions préventives, curatives et de recherche à travers des démarches prenant en compte la vie psychique des individus, le fonctionnement des groupes et leur interaction avec l’organisation afin de promouvoir l’autonomie et le bien être de la personne."
Les activités du métier sont listées :
Ø "Planification des activités / interventions internes/externes, spécifiques au domaine d’activité ;
Ø Accueil et prise en charge des personnes (agents, patients, usagers, etc.), dans son domaine ;
Ø Tenue d’entretiens avec des personnes (patients, familles.) ;
Ø Identification, recensement des besoins et des attentes des patients, spécifiques à son domaine
Ø Recensement et analyse des besoins des utilisateurs, spécifiques à son domaine ;
Ø Bilans psychologiques (recueil d’information, entretien, travail de synthèse, restitution...) ;
Ø Réalisation de soins spécifiques à son domaine d’intervention ;
Ø Élaboration et mise en place du projet individuel concernant la personne et le groupe dans son domaine d’activité ;
Ø Accueil, encadrement et accompagnement pédagogique de personnes (agents, d’étudiants, stagiaires, etc.)
Ø Réalisation d’études et de travaux de recherche dans son domaine."
2. Cadre du service
Ce cadre réglementaire est complété par les spécificités de la fonction dans une unité de soins palliatifs, rappelé par la Circulaire DHOS du 25 mars 2008 relative à l’organisation des soins palliatifs. "Le recours à l’unité de soins palliatifs concerne les situations les plus complexes de fin de vie". Elle "est une structure spécialisée qui accueille de façon temporaire ou permanente toute personne atteinte de maladie grave, évolutive, mettant en jeu le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, lorsque la prise en charge nécessite l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire ayant des compétences spécifiques".
Les compétences spécifiques de la psychologue en soins palliatifs est de pouvoir participer aux différentes missions d’une USP :
· "l’accompagnement des personnes malades et/ou de leur entourage présentant des souffrances morales et socio-familiales complexes" ;
· "l’accompagnement des stagiaires dans le cadre de la formation initiale ainsi que dans le cadre de la formation continue" ;
· participer au "fonctionnement des espaces éthiques régionaux pour les questions concernant la fin de vie" ;
· "assurer ou partager la responsabilité de la conception et de la mise en œuvre d’actions de recherche dans une dynamique pluridisciplinaire souvent multi-centrique" ;
· ce qui impose "un travail en équipe", "des réunions régulières de synthèse pluridisciplinaire, des groupes de paroles, des délibérations collégiales".
II. PERSPECTIVES DU POSTE POUR 1ETP
Recommandation DHOS du 25 mars 2008 relative à l’organisation des soins palliatifs :
1 ETP de psychologue pour 10 lits.
Le coefficient en personnel/lit d’hospitalisation complète
pour le poste de psychologue en USP : 0.10/lit.
1. Activité clinique auprès des patients et des familles
Les suivis réguliers concernent (selon mon estimation issue de mon activité depuis 2000 en soins palliatifs) environ ¼ des patients et des familles. Les autres patients bénéficient habituellement d’un entretien de présentation dans les jours qui suivent leur accueil dans une unité de soins palliatifs. L’expérience démontre qu’une telle activité permet aux patients d’investir ce temps de parole ponctuel et de les réassurer sur la présence d’une psychologue qu’ils connaissent dans le service. Cet entretien de présentation facilite la demande lorsque le besoin apparaît et évite le filtre d’un tiers. Fonctionner uniquement sur l’orientation des soignants comporte le risque d’ignorer des patients en difficulté. En effet, les demandes des professionnels reflètent souvent leurs propres difficultés transférentielles. Ces demandes sont à considérer pour éclairer les professionnels sur leurs relations aux patients.
2. Activité globale dans une unité de soins palliatifs
Le psychologue soutient l’équipe soignante dans son investissement relationnel des patients. Ce soutien peut être individuel et groupal. Cette activité nécessite une banalisation dans l’équipe du rôle du psychologue ainsi qu’une relation de confiance qui dépend d’une présence régulière. Les temps d’équipe permettent d’apporter les éclairages nécessaires sur les fonctionnements des patients et des familles. Ces réunions ne peuvent être assimilées à des groupes de paroles, nécessairement animés par un psychologue extérieur à l’équipe. Elles sont des temps de mise en commun des vécus de chacun dans un accompagnement particulier. Un tel positionnement doit permettre de mieux contenir les angoisses internes à l’équipe par une mise en mot et une présence étayante.
Un partenariat quotidien avec les cadres et les médecins est nécessaire. Les patients sont au centre des préoccupations d’un service de soins palliatifs : l’éclairage de la psychologue garantit une meilleure adéquation avec leur vécu.
Le psychologue doit se coordonner avec les sociétés savantes régionales et nationales.
3. Activités institutionnelles et de formations
L’activité institutionnelle est importante. Elle consiste à participer aux comités d’éthique, Comités de protection des personnes et aux différentes instances tel un collège de psychologue. L’activité de formation des professionnels consiste à participer à l’accueil de professionnels réalisant des stages inter-service, des stages de D.U. ou capacité de gériatrie. Des entretiens individuels d’une heure peuvent être réalisé pour reprendre leur vécu du stage, leurs interrogations sur les fonctionnements des patients et des familles et éventuellement leurs difficultés à intervenir auprès de patients en fin de vie. Le psychologue est conduit à animer régulièrement des modules de formations (D.U., CFPS, formation de bénévoles…) relevant de sa compétence.
4. Activité de recherche
La recherche est un point fort des services de soins palliatifs. Elle doit avoir pour objectif d’améliorer par ses découvertes la prise en charge des patients et des familles. La communication de ses résultats doit concourir à diffuser les soins palliatifs auprès de l’ensemble des professionnels de santé. Le temps FIR permet de réaliser des travaux de recherche individuels et collectifs avec les soignants.
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